L’exil des Chrétiens d’Irak

L’Irak ne fait plus aujourd’hui les gros titres de l’actualité internationale. En dépit d’une certaine amélioration, la situation de ce pays n’en reste pas moins préoccupante et encore loin de la normalité.
La chrétienté irakienne, vieille de 2000 ans, est en train de se vider de sa substance, dans une vraie hémorragie quotidienne. Depuis Janvier 2006, de nouvelles ressions se sont accentuées sur les Chrétiens des villes principales d’Irak : Bagdad, Mossoul, Basrah, Kirkouk. Pressions illustrées par les enlèvements, le paiement de rançons exorbitantes, par des menaces de mort ou de spoliation de leurs maisons ou de leurs biens… Des centaines de familles chrétiennes, ou de cadres qualifiés (médecins, ingénieurs, hommes d’affaires, commerçants…) ont dû se réfugier dans des régions plus sûres, dans les villages chrétiens, au Kurdistan ou à l’étranger. La Syrie et la Jordanie restent les deux pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés irakiens, dont 36 % seraient chrétiens. Ces deux Etats commencent à faire des restrictions sur leur accès et séjours, peut-être à cause du grand nombre. La sécurité de ceux qui restent dans le pays n’est guère garantie. Des terroristes, ou des « jihadistes » harcèlent même les évêques et les prêtres par leurs appels ou messages par portable. A l’heure même où je prépare cette note (14.10.2007), deux de mes prêtres ont été kidnappés hier, à Mossoul, en effectuant une visite pastorale. Nous sommes encore plongés dans l’affaire. Certes les chrétiens ne sont pas les seuls touchés. Mais pour une minorité, et à ce rythme, cela devient dramatique pour l’avenir.
Dans ce contexte certaines familles fuient par la Turquie et tentent de se reconstruire à Istanbul.


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